De remplaçant en Bundesliga à patron offensif en Turquie : l’attaquant béninois relance sa carrière avec autorité
Longtemps relégué au second plan au FC Augsburg, derrière une concurrence devenue étouffante, Steve Mounié semblait condamné à une saison d’ombre en Bundesliga. Le temps de jeu s’amenuisait, la hiérarchie se figeait, et l’attaquant béninois voyait son influence décliner.
Pourtant, les signaux n’étaient pas totalement au rouge. Son but en DFB-Pokal en début de saison avait rappelé qu’il restait un finisseur redoutable. Mais dans un système qui ne jouait plus réellement pour lui, ses qualités jeu aérien, présence dans la surface, fixation des défenseurs étaient sous-exploitées.
Le prêt à Alanyaspor, en Turquie, n’a pas été un simple changement de décor. C’est un repositionnement stratégique. Là-bas, Mounié n’est pas une option : il est une arme centrale. Les centres affluent, le bloc joue plus haut, et l’équipe cherche son point d’appui.
Résultat : dix buts toutes compétitions confondues, dont 7 en Coupe de Turquie et 2 en Süper Lig.
Au-delà des chiffres, c’est son influence qui interpelle. Mounié attire les défenseurs, libère des espaces, impose un défi physique constant. Il ne marque pas seulement : il structure le jeu offensif.
À 30 ans passés, il démontre qu’un attaquant de surface peut encore peser dans un football moderne obsédé par la mobilité.
Ce prêt révèle surtout une vérité essentielle : un joueur ne disparaît pas, il a parfois simplement besoin d’un contexte adapté. En retrouvant confiance et responsabilités, le capitaine des Guépards du Bénin redevient décisif.
La grande interrogation demeure : retournera-t-il au FC Augsburg avec un statut renforcé, ou ce passage réussi en Turquie ouvrira-t-il la porte à un transfert définitif ?
Une chose est sûre : Steve Mounié n’a pas dit son dernier mot. Et ce prêt pourrait bien être le tournant majeur de sa seconde partie de carrière.
Marie Jurince LOKO