L’élection de la liste d’union « Ensemble, visons plus haut » à la tête de la Fédération Béninoise de Football (FBF) ce mardi 25 août 2026 marque bien plus qu’un simple renouvellement d’instance administrative. Derrière le score plébiscitaire de 76 voix sur 79 obtenu au Centre d’Excellence d’Akpro-Missérété par Marcellin Bocovè et ses pairs, se cache la trajectoire d’une haute prise de conscience collective. C’est le récit d’une poignée d’hommes et de femmes de conviction qui ont su mettre sous éteignoir leurs ego pour ne faire triompher qu’une seule cause : l’avenir du football national.
Quand le sens du devoir l’emporte sur les intérêts personnels
À l’approche du renouvellement du Comité Exécutif pour le mandat 2026-2030, les spectres du passé auraient pu ressurgir : bloc contre bloc, rivalités de clans, contestations stériles et enlisement juridique. L’histoire aurait pu s’écrire dans la division. Mais au plus fort des tiraillements et face au risque de blessures mal cicatrisées nées des élections, les principaux cadors du football béninois ont fait le choix de la maturité.
L’image forte de cette transition restera sans doute le geste d’apaisement et d’élévation stratégique posé par les ténors du secteur. Sylvain Timothée Lawson, pourtant chef de file d’une dynamique ambitieuse, a su faire le pas de côté décisif. En acceptant de converger vers un projet fédérateur et d’occuper le poste de 1ᵉʳ Vice-président, l’homme a démontré qu’un véritable leader sait passer de la compétition individuelle à la complémentarité d’équipe quand la patrie sportive l’exige.
Même hauteur de vue chez Alphonse Pedro Ayéma (2ᵉ Vice-président), Augustin Ahouanvoèbla (3ᵉ Vice-président) et l’ensemble des acteurs clés issus des différentes sensibilités. Chacun, à son niveau, a accepté de concéder du terrain, d’ajuster ses prétentions et de redéfinir son rôle au service d’une architecture commune.
Un bureau de responsabilité et de compétences
Ce consensus n’est pas un arrangement de façade ni une simple redistribution de cartes. Il incarne un contrat de responsabilité et d’efficience. En réunissant au sein d’un même état-major 21 personnalités d’expérience — dirigeants de clubs, techniciens, figures de la gouvernance locale et internationale —, le football béninois s’offre le luxe d’une stabilité politique indispensable pour aborder les grands défis du continent.
En succédant à Mathurin de Chacus avec un discours rassembleur — « Nous sommes venus pour servir et rassembler » —, le nouveau président Marcellin Bocovè ne s’y est pas trompé. L’ingénieur en Génie Civil sait que la solidité de l’édifice qui s’ouvre repose avant tout sur la qualité des fondations posées par cette alliance d’hommes d’État.
Cap sur 2026-2030 : L’obligation d’impacter
Si le consensus a permis de remporter la bataille de l’unité, il engage désormais la nouvelle équipe devant le peuple sportif. Libéré des querelles intestines, le bureau exécutif dispose désormais des coudées franches pour déployer sa feuille de route : restructuration des compétitions, amplification de la formation à la base, professionnalisation des clubs et rayonnement des Écureuils sur la scène internationale.
L’esprit de sacrifice manifesté par les acteurs de la liste unique pose les bases d’un magistère axé sur le résultat. Le plus dur commence, mais avec cette union sacrée scellée à Akpro-Missérété, le football béninois a déjà gagné sa plus belle victoire : celle de l’intelligence collective.