Pendant des décennies, le palmarès de la Coupe d’Afrique des nations semblait figé. L’Égypte dominait le continent avec ses sept sacres, tandis que le Cameroun, le Ghana et le Nigeria se partageaient les rôles de principaux poursuivants. Mais ces dernières années, la hiérarchie africaine a considérablement évolué. De nouvelles puissances se sont affirmées, d’anciens géants peinent à renouer avec le succès et une polémique continue d’entourer l’édition 2025.
À l’heure où les débats sur le vainqueur officiel de la CAN 2025 ne sont toujours pas définitivement clos, une question se pose : le football africain est-il entré dans une nouvelle ère ?
L’Égypte reste la référence, mais la concurrence se rapproche
Avec sept titres remportés entre 1957 et 2010, l’Égypte demeure la nation la plus titrée de l’histoire de la CAN. Les Pharaons conservent une avance confortable, même s’ils attendent désormais un huitième sacre depuis seize ans.
Derrière eux, le Cameroun (5 titres) et le Ghana (4 titres) complètent le podium historique. Mais ces deux géants traversent une longue période de disette. Les Lions indomptables n’ont plus remporté la compétition depuis 2017, tandis que les Black Stars attendent un nouveau trophée depuis… 1982.
La Côte d’Ivoire, sacrée en 1992, 2015 et 2023, s’est imposée comme l’une des sélections les plus régulières de ces dernières décennies. Le Nigeria (3 titres) reste également un poids lourd du continent, même si son dernier sacre remonte à 2013.
Plus loin dans le classement figurent la RD Congo et l’Algérie, avec deux trophées chacune, ainsi que plusieurs nations qui ont inscrit une seule fois leur nom au palmarès, comme la Tunisie, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Congo, le Soudan ou encore l’Éthiopie.
La CAN 2025 entretient une polémique sans précédent
S’il existe un sujet qui anime aujourd’hui les discussions, c’est bien celui de la CAN 2025.
Sportivement, une équipe s’est imposée sur le terrain. Mais les procédures engagées après la finale ont conduit à une décision contestée des instances africaines, avant qu’un recours ne soit déposé devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). L’audience est désormais programmée pour le 8 octobre 2026, et son verdict pourrait définitivement déterminer quel pays sera reconnu comme champion officiel de l’édition 2025.
C’est précisément cette situation qui explique pourquoi certains supporters attribuent déjà un deuxième titre au Maroc, tandis que d’autres continuent de considérer que le Sénégal mérite cette couronne. Tant que le TAS n’aura pas rendu sa décision définitive, le débat restera ouvert.
Au-delà de cette affaire, une autre réalité se dessine : les écarts entre les grandes nations africaines se réduisent. Les favoris d’hier ne dominent plus systématiquement, tandis que de nouvelles sélections disposent désormais des moyens techniques, tactiques et humains pour viser le sacre continental.
L’histoire de la CAN continue donc de s’écrire. Si l’Égypte reste encore solidement installée au sommet du palmarès, la bataille pour la suprématie africaine n’a jamais été aussi disputée… et le prochain chapitre pourrait bien être écrit devant les juges du TAS autant que sur les terrains.
Marie Jurince LOKO