L’histoire du football béninois est une fresque passionnante, faite de résilience, de transitions administratives et de moments de grâce qui ont fait vibrer tout un peuple. Du Dahomey à la République du Bénin, le ballon rond a toujours occupé une place centrale dans le cœur des citoyens, s’imposant comme le sport roi.
Les Prémices : L’ère Coloniale et l’Éveil (1920 – 1960)
Le football a été introduit au Bénin (alors colonie du Dahomey) au début du XXe siècle par les colons français, les missionnaires et les commerçants. Les premiers échanges se faisaient dans les ports et les centres administratifs comme Cotonou et Porto-Novo.
Durant cette période, les clubs corporatifs et de quartier ont commencé à voir le jour. Le talent brut des joueurs béninois se manifestait déjà lors de rencontres inter-coloniales. L’histoire du football béninois prend un tournant institutionnel en 1948 avec la création de la première structure de coordination, bien avant l’indépendance.
L’Indépendance et l’Affiliation Internationale (1960 – 1980)
Le 1er août 1960, le Dahomey accède à l’indépendance. Cette nouvelle ère politique s’accompagne d’une volonté de reconnaissance sportive internationale.
- 1962 : Création officielle de la Fédération Béninoise de Football (FBF).
- 1962 : Affiliation à la FIFA.
- 1963 : Affiliation à la Confédération Africaine de Football (CAF).
C’est le début des « Écureuils », le surnom donné à l’équipe nationale. Ce choix symbolisait un petit animal vif, agile et capable de grimper au sommet malgré sa taille. Dans l’histoire du football béninois, cette période est marquée par une structuration progressive du championnat national et l’émergence de clubs mythiques comme les Dragons de l’Ouémé et les Requins de l’Atlantique.
L’Âge d’Or des Clubs et les Défis Nationaux (1980 – 2000)
Les années 80 et 90 ont été marquées par la domination des clubs locaux sur la scène régionale. Les derbys entre les « Dragons » et les « Requins » divisaient le pays dans une ambiance électrique. Les joueurs de cette époque sont devenus des légendes urbaines.
Cependant, au niveau de l’équipe nationale, l’histoire du football béninois a connu une traversée du désert. Malgré des talents individuels indéniables, le Bénin peinait à se qualifier pour les phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Le manque d’infrastructures et l’instabilité administrative ont souvent freiné l’envol des Écureuils.
Le Tournant Historique : La CAN 2004
L’année 2004 reste gravée en lettres d’or dans l’histoire du football béninois. Sous la houlette de Cecil Jones Attuquayefio, le Bénin se qualifie pour la première fois de son histoire à une phase finale de la CAN en Tunisie.
Bien que l’équipe ait été éliminée au premier tour, cette qualification a agi comme un déclic. Elle a prouvé au monde entier, et surtout aux Béninois eux-mêmes, que le pays avait sa place parmi l’élite africaine. Des joueurs comme Oumar Tchomogo sont devenus les visages de ce renouveau.
L’Épopée de 2019 : Le Sommet des Écureuils
Si 2004 était la découverte, 2019 fut la consécration de la maturité. Lors de la CAN en Égypte, l’histoire du football béninois a atteint un sommet émotionnel sans précédent.
- Phase de poules : Le Bénin sort d’un groupe difficile (incluant le Cameroun et le Ghana) sans perdre un match.
- Huitième de finale : Un exploit historique face au Maroc de Hakim Ziyech. Après un match nul (1-1), le Bénin s’impose aux tirs au but.
- Quart de finale : L’aventure s’arrête face au Sénégal (0-1), mais les Écureuils sortent sous les ovations du continent.
Cette performance a redéfini les ambitions nationales et a montré la force du collectif béninois.
La Professionnalisation et l’Ère des « Guépards »
Récemment, l’histoire du football béninois a entamé une phase de transformation structurelle profonde. Sous l’impulsion du gouvernement et de la FBF, le championnat est devenu réellement professionnel avec des subventions massives et une exigence de gestion rigoureuse pour les clubs.
Un changement symbolique majeur a également eu lieu : les Écureuils sont devenus les Guépards. Ce changement de nom reflète une volonté de puissance, de rapidité et d’agressivité sur le terrain, marquant une rupture avec l’image du « petit animal » pour celle d’un prédateur respecté.
« Le passage de l’Écureuil au Guépard n’est pas qu’un changement de nom, c’est un changement de mentalité pour conquérir l’Afrique. »
Les Infrastructures et la Formation
L’histoire du football béninois s’écrit aussi à travers ses stades. Le Stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou reste le temple du football national, mais la construction de nombreux stades omnisports à travers tout le pays (plus de 20 stades modernes) témoigne d’une volonté de décentraliser le talent.
La formation des jeunes est devenue la priorité. Des académies voient le jour pour assurer que l’histoire du football béninois de demain soit écrite par des joueurs techniquement supérieurs et tactiquement disciplinés dès leur plus jeune âge.
Les Grands Noms qui ont fait l’Histoire
On ne peut évoquer l’histoire du football béninois sans citer ses icônes :
- Stéphane Sessegnon : Le recordman de buts et de sélections, véritable métronome du jeu béninois pendant plus d’une décennie.
- Razak Omotoyossi : Le « Taureau d’Abuja », dont la puissance a effrayé bien des défenses africaines.
- Steve Mounié : L’attaquant moderne, symbole de la réussite des binationaux intégrés au projet national.
- Mickaël Poté : Le buteur providentiel des grands rendez-vous.
A la croisée des chemins
L’histoire du football béninois est aujourd’hui à la croisée des chemins. Avec une organisation plus rigoureuse, des infrastructures aux normes internationales et une nouvelle identité visuelle et psychologique, le Bénin ne se contente plus de participer. L’objectif est clair : une qualification historique pour la Coupe du Monde et un sacre continental.
Le chemin parcouru depuis les premiers ballons tapés sur le sable de Cotonou jusqu’aux pelouses égyptiennes est immense. Le football béninois n’est plus seulement un divertissement, c’est un vecteur d’unité nationale et de fierté internationale.

